La betterave sucrière porte-graineMultiplication de semences de betterave

 

La betterave sucrière est l’espèce de betterave la plus multipliée en France avec 3000 à 4000 ha selon les années. Les semences de betteraves sucrières sont produites dans 4 zones de production : Le Sud-Ouest qui est le plus important avec 2/3 des surfaces, puis Sud Est et le Sud du Bassin Parisien avec 14 % puis Poitou Charente avec 6 % des surfaces.

Fiche d’identité de l’espèce

La betterave sucrière (Beta vulgaris var. altissima Doell ou var. sacccharifera) est une dicotylédone de la famille des chénopodiacées ou amaranthacées.

Le catalogue français compte plus de 400 variétés. Toutes les variétés inscrites sont des hybrides issues du croisement d’une lignée mâle stérile diploïde (2n) et d’une lignée mâle diploïde (2n) ou tétraploïdes (4n). Plus de 500 variétés sont multipliées en France.

Cycle de la plante

La betterave est une plante bisannuelle qui pendant la phase végétative va produire des feuilles et accumuler des réserves dans la racine. Ce n’est qu’en 2ème année, après l’action des basses températures (vernalisation), que la phase reproductive se met en place avec la floraison et la production de graines. Deux types de semences de betteraves sont produits en France : la betterave monogerme hybride (85 % des surfaces) et la betterave multigerme hybride (15 % des surfaces).

En général le semis ou le repiquage est réalisé en bandes alternées de lignées mâles stériles et de lignées mâles pollinisatrices. Les dispositifs de plantation peuvent varier : 6 à 8 rangs de mâles stériles pour 2,3 ou 4 rangs de lignées mâles pollinisatrices. Les lignées mâles pollinisatrices sont détruites fin floraison.

  • Semis : en pépinière ou en place au mois d’août.
  • Vernalisation : basses températures (0 à 8°C) nécessaires à partir du stade 6-8 feuilles atteint début novembre. Ces besoins en vernalisation sont variables selon les lignées parentales.
  • Repiquage et reprise : arrachage des pépinières à partir de mi-février. Les planchons (plants) sont triés puis stockés (parfois à basse température pour éviter toute dévernalisation). Plantation manuelle fin-février courant mars en fonction des conditions climatiques. La reprise des plants nécessite souvent une ou plusieurs irrigations après repiquage.
  • Montaison : Fin avril début mai, avec l’élévation des températures et l’allongement de la durée du jour.
  • Ecimage : fin mai début juin, Consiste à tailler de la tige principale, pour favoriser la ramification, homogénéiser, réduire la durée de la floraison et faire concorder les deux lignées parentales.
  • Floraison : début juin, quelques jours après l’écimage. Durée de 3 à 5 semaines selon les conditions de températures et l’architecture des plantes. Le transport du pollen entre les 2 lignées parentales est assuré par le vent (pollinisation anémophile).
  • Maturation : étape cruciale qui va déterminer le rendement grainier final car seules les graines d’un certain calibre sont prises en compte.
  • Récolte : Entre fin juillet et fin août, début septembre selon la précocité de variétés et les régions de production. Etape délicate car la betterave est parfois sensible à l’égrenage. Deux techniques sont actuellement employées : la récolte directe après application d’un dessiccant, ou récolte après fauche et andainage.
  • Séchage : Après récolte et en fonction de l’humidité du lot brut, pour ramener le lot à une humidité inférieure à 12 %.

Exigences de la culture

Exigences réglementaires

  • Délai de cinq ans entre deux cultures repiquées (10 ans pour les semis en place).
  • Isolement entre cultures : de 300 à 1000 m mètres selon les niveaux de ploïdie et les types d’hybrides. Il est porté à 5000 m pour des types de betteraves différents (sucrières, fourragères ou potagères).
  • Pureté variétale : 0,2 % d’impuretés totales : 0,1 % de plantes annuelles et 0,1 % des plantes colorées. Des pollutions polliniques de plusieurs dizaine de km ont pu être constatées dans certaines zones de production.
  • Faculté germinative : supérieure à 80 %

Exigences agro climatiques

  • Sols argileux, argilo-calcaires ou sols alluviaux profonds. Sols superficiels, acides ou battants ne conviennent pas. La betterave repiquée exige un sol très souple en profondeur et finement préparé. Un travail du sol pendant l’automne et l’été qui précédent est indispensable à la réussite de la culture en sols lourds ou argileux.
  • Précédent cultural : idéalement céréale à paille.
  • Irrigation : besoins élevés notamment pendant les phases de semis, repiquage et floraison – maturation.

Intérêts de l’espèce

Bon précédent cultural qui libère la parcelle tôt pour installer dans de bonnes conditions une culture d’automne (blé le plus souvent)

Plante de rupture dans les rotations de grandes cultures

Contraintes de l’espèce

Production très exigeante en main d’œuvre (cultures repiquées)

Contrôle et destruction des repousses de toutes plantes du genre Beta indispensables-

Irrigation indispensable

Matériels et équipements spécifiques indispensables (plantation, récolte, séchage).

Rendement

De 800 à 5000 kg selon l’année, les variétés et les types monogermes et multigermes.

Pour en savoir plus

« Ressources documentaires » Betterave