Le haricot porte-graine

Multiplication de semences d'haricot

La multiplication du haricot est essentiellement située dans le Val de Loire et en particulier dans les départements du Maine-et-Loire, du Loir-et-Cher et de l’Eure-et-Loir.

Fiche d’identité de l’espèce

Le haricot (Phaseolus vulgaris L.) est une plante herbacée annuelle qui présente plusieurs types de ports selon les variétés, soit grimpant (haricots à rames), soit nain à port érigé et plus ramifié (la majorité des cultures). C’est une légumineuse de la famille des Fabacées dont on consomme soit la gousse (haricot filet et mangetout), soit la graine (haricot sec ou flageolet). La floraison est échelonnée. La fécondation est essentiellement autogame et s’effectue avant que la fleur ne s’épanouisse, même si des fécondations croisées peuvent exceptionnellement avoir lieu grâce à l’action des pollinisateurs. Le haricot est une bonne tête d’assolement du fait qu’il fixe de l’azote dans le sol. La principale contrainte est la récolte délicate qui demande du matériel spécifique et une bonne technicité de l’agriculteur multiplicateur ou de l’entrepreneur.

Cycle de la plante

Le cycle de développement du haricot dure entre 80 et 120 jours selon le type de haricot, la variété, les conditions climatiques et la conduite culturale.

  • Semis : mi à fin mai
  • Floraison : fin juin à fin juillet
  • Maturation : août
  • Récolte : mi-août à début septembre

Exigences de la culture

3 facteurs sont essentiels pour la culture du haricot :

  • Température : le haricot a besoin de chaleur pour germer et s’installer le plus rapidement possible. Son optimum de développement se situe entre 15 et 25°C.
  • Irrigation : le haricot est sensible à la sécheresse, notamment durant la levée puis la période floraison/ maturation des gousses.
  • Sol : terres légères, homogènes et saines, se réchauffant rapidement. Du fait de sa germination épigée, le haricot est très sensible au compactage du sol.

Une rotation d’une durée minimale de 3 à 5 ans entre deux haricots et avec une autre légumineuse doit être respectée, afin de limiter les problèmes sanitaires. Eviter les précédents de la même famille botanique comme la féverole ou la luzerne mais aussi les crucifères, qui peuvent provoquer des blocages de croissance et favorisent les attaques de sclérotinia. Il faut aussi éviter le maïs, en raison du risque Pyrale.

Exigences réglementaires

Isolement entre deux parcelles de haricot : 200 m (500 m entre haricots rames à fleurs violettes et autres variétés)

Taux maximum d’humidité des semences à l’agréage : 15%

Faculté germinative : 85%

Itinéraire technique de base

  • Désherbage : Le programme de désherbage combine faux-semis, désherbage chimique et mécanique. Le désherbage chimique autour du semis sera particulièrement soigné, car les possibilités de rattrapage seront restreintes par la suite.
  • Fertilisation azotée : besoins en azote essentiellement réalisés grâce à la fixation de l’azote atmosphérique par les nodosités. Mais des apports d’azote sont toutefois recommandés en début de cycle (sauf en semis tardifs), en s’adaptant aux reliquats présents dans le sol.
  • Oligo-éléments : le haricot est très sensible à la carence en zinc et en fer.
  • Maladies et ravageurs : les multiplicateurs doivent être attentifs à plusieurs pathogènes régulièrement présents dans les cultures : Sclérotinia, Botrytis, graisse bactérienne, pucerons et pyrale. Une surveillance des cultures à des stades clefs, la mise en place de pièges et des interventions phytosanitaires sont nécessaires pour maintenir les parcelles dans un bon état sanitaire.
  • Irrigation : souvent nécessaire à la levée et quasi indispensable durant la période de floraison. L’irrigation est pilotée soit à partir du bilan hydrique, soit à l’aide de tensiomètres.
  • Récolte du haricot : arrachage-andainage (ou plus rarement dessiccation chimique) puis battage. Selon les variétés et les conditions de l’année, la récolte s’échelonne entre mi-août et mi-septembre. Elle est déclenchée lorsque la parcelle compte plus de 80% de gousses sèches. Les graines, encore rayables à l’ongle, comportent alors environ 18 à 20 % d’eau. A un stade plus précoce, au-dessus de 22%, la faculté germinative n’est pas totalement acquise. Plus tardivement, les risques d’égrenage et de grains cassés augmentent.

Intérêts de l’espèce

Bonne tête d’assolement

Contraintes de l’espèce

Récolte délicate qui demande du matériel spécifique et une bonne technicité de l’agriculteur multiplicateur ou de l’entrepreneur.

Rendement moyen

2000 à 2500 kg/ha (variables selon variétés et conditions agro-climatiques)

Pour en savoir plus

« Ressources documentaires » Potagères